L’expression « École de Paris » ne désigne pas un mouvement artistique au sens strict, avec un style ou un manifeste commun, mais un phénomène : celui de la concentration, dans le Paris de la première moitié du XXe siècle, d’artistes venus du monde entier, Italie, Pologne, Russie, Bulgarie, Japon, pour qui la capitale française représentait le centre incontournable de la création moderne. Installés pour beaucoup à Montparnasse plutôt qu’à Montmartre, ces peintres et sculpteurs partagent moins une esthétique qu’une expérience commune : celle de l’exil, de la précarité et d’une liberté créatrice loin des académismes de leur pays d’origine.
Cette diversité d’origines se traduit par une grande variété de styles, du portrait expressif et de la ligne sinueuse de Modigliani aux touches pâteuses et tourmentées de Soutine, en passant par les recherches cubistes de Marcoussis. Ce qui les réunit, au-delà des influences croisées du fauvisme, du cubisme et de l’expressionnisme, c’est cette identité parisienne d’adoption : une génération d’artistes étrangers ayant fait de Paris, entre les deux guerres, le laboratoire de leur art et, pour beaucoup d’entre eux, le lieu d’un destin tragique marqué par la pauvreté ou par la guerre.