
À retenir
Le Portrait de profil d’une jeune femme, peint par Sandro Botticelli vers 1475-1480, appartient à la peinture florentine du Quattrocento. Réalisé à la tempera sur un panneau de bois de peuplier, il est conservé à la Gemäldegalerie de Berlin. Longtemps rattaché à la figure de Simonetta Vespucci, muse de Julien de Médicis, le tableau relève en réalité d’un type de beauté idéalisée, proche des figures mythologiques que Botticelli développe par ailleurs, notamment dans ses représentations de nymphes et de Vénus. L’œuvre illustre la maîtrise du profil hérité des médailles antiques, très prisé à Florence à cette époque, ainsi que le soin porté par l’artiste au traitement décoratif de la chevelure, élément récurrent de son vocabulaire pictural.
Botticelli ! J’y reviens toujours avec bonheur. La fraîcheur de son trait, la clarté de ses couleurs, le graphisme de son dessin : tout concourt à me réjouir quand je contemple une de ses œuvres. Celle-ci représente un profil féminin idéalisé, dans cette veine de beauté stylisée si caractéristique de l’artiste. J’admire particulièrement la chevelure, travaillée avec une minutie remarquable et parsemée de perles brillantes, un détail qui trahit tout le soin apporté par Botticelli aux ornements, presque comme un bijoutier.
On peut rapprocher cette œuvre d’un autre portrait de Sandro Botticelli, le Portrait idéalisé d’une dame (dit Portrait de Simonetta Vespucci en nymphe), conservé au Städel Museum de Francfort-sur-le-Main, encore plus abouti dans le traitement de la coiffure et des drapés. Botticelli est un artiste exceptionnel, dont l’œuvre a traversé les siècles sans jamais vieillir.
Trois perles, à peine visibles dans les boucles blondes. Vous êtes devant un profil de femme peint par Sandro Botticelli, vers 1475-1480, sur un panneau de bois de peuplier conservé à la Gemäldegalerie de Berlin.
Ce que ce Portrait de profil d’une jeune femme nous dit
Le visage se détache sur un fond sombre, presque noir. La lumière vient de la gauche. Elle éclaire le front, l’arête du nez, la bouche entrouverte. Botticelli construit ce profil par lignes pures, sans ombre appuyée, dans la tradition du portrait de profil florentin hérité des médailles antiques. La chevelure, elle, déborde de tout calcul. Tressée de perles, striée de rubans noirs, elle occupe presque autant d’espace que le visage lui-même. Le peintre y multiplie les boucles, les entrelacs, les reflets dorés, avec une précision d’orfèvre. Le vêtement rouge, à peine esquissé en bas du panneau, ferme la composition sans jamais concurrencer ce déploiement capillaire. Chaque mèche semble comptée, chaque perle posée une à une.
Ce que l’époque de Botticelli nous dit
Florence, dans le dernier quart du Quattrocento, aime ces profils sages. Mais aucun modèle réel n’a peut-être posé ici. Le cartel du musée le rappelle : cette figure fut longtemps identifiée à Simonetta Vespucci, morte en 1476, muse déclarée de Julien de Médicis. Rien ne le prouve. La coiffure, trop fantaisiste pour un usage quotidien, appartient plutôt au répertoire mythologique de Botticelli, celui des nymphes et des figures de Vénus. Un portrait, donc, mais peut-être d’une femme qui n’a jamais existé sous ces traits précis.
Sandro Botticelli, peintre florentin formé dans l’atelier de Filippo Lippi, travaille pour les Médicis avant de devenir l’un des noms majeurs de la Renaissance italienne. Sa touche reste reconnaissable entre toutes.
Actualité
La Gemäldegalerie de Berlin qui conserve ce Portrait de profil d’une jeune femme consacre, du 16 octobre 2026 au 14 mars 2027, une exposition d’envergure au genre du portrait. Intitulée « Portraits ! Rencontres surprenantes de Botticelli à Lempicka », elle réunit une quarantaine d’œuvres de la Renaissance, dont plusieurs pièces de Botticelli issues des collections de la Gemäldegalerie, mises en regard avec des portraits plus tardifs, jusqu’aux années 1930. L’occasion de replacer cette œuvre dans le contexte plus large de l’art du portrait florentin dont la Gemäldegalerie est l’une des gardiennes les plus importantes au monde.
Source : Gemäldegalerie, Berlin
Une question pour vous
Botticelli peignait-il des femmes, ou une seule idée de la femme, répétée ?
À propos de cette œuvre
- Portrait de profil d’une jeune femme
- Sandro Botticelli
- vers 1475-1480
- bois de peuplier
- 55,4 x 43 cm
- Gemäldegalerie, Berlin
- https://search.smb.museum/object/obj-866815
