
Bologne, vers 1575. Lavinia Fontana reçoit une commande : peindre le miracle des Noces de Cana sur cuivre, un support précieux réservé aux œuvres de dévotion intime. La jeune artiste saisit l’occasion de démontrer sa virtuosité technique.
Une scène de faste et de miracle
Au centre de la composition, le Christ lève la main en signe de bénédiction. C’est l’instant précis du miracle : l’eau devient vin. Marie est assise à ses côtés. Les invités se pressent autour du festin. Des serviteurs arrivent, portant des plats. Au premier plan, six imposantes cruches dorées attestent du prodige accompli. Fontana applique la peinture en couches fines et translucides, créant des glacis lumineux. Sur le cuivre poli, chaque détail brille : étoffes chatoyantes, vaisselle exposée sur le buffet de gauche et reflets sur les cruches. La précision est remarquable.
L’architecture comme écrin sacré
Un élégant péristyle structure l’arrière-plan, accessible par un double escalier semi-circulaire aux courbes savantes. Cette architecture n’est pas un décor gratuit : elle inscrit l’épisode évangélique dans une tradition humaniste chère à la Renaissance. Fontana transforme un récit biblique en tableau de genre raffiné, adapté à la dévotion privée. Le format réduit invite à la contemplation intime du miracle.
Lavinia Fontana, pionnière de la peinture bolonaise
Née à Bologne, Lavinia Fontana (1552-1614) devient la première femme peintre professionnelle d’Italie. Formée par son père Prospero, elle développe un style minutieux et élégant. Elle excelle dans les portraits et les sujets religieux, obtenant des commandes prestigieuses jusqu’à Rome.
Une question pour vous
💭 Et vous, sauriez-vous identifier le Christ parmi les convives sans connaître le sujet du tableau ? Quels indices visuels Fontana a-t-elle semés ?
À propos de cette œuvre
- Les Noces de Cana
- Lavinia Fontana
- vers 1575-1580
- Huile sur cuivre
- 47,3 × 36,2 cm
- The J. Paul Getty Museum, Los Angeles
- https://www.getty.edu/art/collection/object/10NKF6






