
Paris, 1745. Dans son atelier de la rue de Richelieu, François Boucher compose une scène galante qui incarne l’essence même du style rocaille. Trois jeunes femmes partagent un moment d’intimité champêtre, entourées de moutons paisibles et de fleurs délicates. L’une d’elles murmure un secret, créant cette confidence pastorale qui donne son titre à l’œuvre.
Une sensualité maîtrisée
Boucher déploie toute sa virtuosité dans le rendu des étoffes. Les drapés de satin blanc et jaune d’or captent la lumière avec une fluidité remarquable. Les chairs nacrées contrastent avec les bleus profonds du ciel et les verts sombres du feuillage. Chaque détail compte : le chapeau de paille, la corbeille tressée, les rubans. La touche est légère, presque vaporeuse, typique du peintre. La composition pyramidale est savamment orchestrée, chaque geste guide le regard vers le centre de la toile.
L’univers galant de Louis XV
Cette œuvre reflète les goûts de l’aristocratie française sous Louis XV. La pastorale, genre qui idéalise la vie rurale, connaît alors un succès immense. Les courtisans rêvent d’une campagne fantasmée, loin des contraintes de Versailles. Boucher, nommé premier peintre du roi en 1765, excelle dans ces scènes où bergères aristocratiques jouent à la simplicité. Ses compositions ornent les boudoirs, les paravents, les manufactures de tapisserie.
François Boucher
François Boucher (1703-1770) domine la peinture rococo française. Élève de François Lemoyne, prix de Rome à vingt ans, il devient le peintre favori de Madame de Pompadour. Son style sensuel et décoratif influence toute une génération d’artistes et définit une esthétique du 18e siècle français.
Une question pour vous
💭 Comment Boucher concilie-t-il ici la rigueur de la composition classique avec la sensualité débridée du rococo ?
À propos de cette œuvre
- Les Confidences Pastorales
- François Boucher
- vers 1745
- Huile sur toile
- 93,98 × 132,08 cm
- Los Angeles County Museum of Art (LACMA)
- https://collections.lacma.org/node/229324





