
Dans la villa Fodor, Berthe Morisot installe son chevalet face à Marguerite Carré vêtue d’une élégante robe rose. L’artiste hésite, reprend, efface. Jacques-Émile Blanche, peintre et témoin privilégié, rapporte cette quête obstinée de la justesse.
Une composition baignée de lumière
Morisot capture Marguerite assise sur un canapé. La robe rose domine la composition par sa luminosité éclatante et ses touches rapides qui créent un effet de textile chatoyant. Les coups de pinceau restent visibles, affirmés. Morisot ne lisse pas, elle construit par fragments de couleur. Cette technique élimine les ombres lourdes au profit de nuances subtiles. Le résultat : une œuvre vibrante qui semble capter l’instant même.
Une modernité en gestation
Ce portrait s’inscrit dans les années qui précèdent la naissance officielle de l’impressionnisme. Morisot explore déjà cette peinture que défendront Renoir ou Monet. Elle rompt avec l’académisme sombre pour privilégier la lumière naturelle et la spontanéité du geste. Jacques-Émile Blanche témoigne de son perfectionnisme : elle repeignait sans cesse entre les séances. Cette rigueur explique pourquoi si peu d’œuvres de jeunesse ont survécu. La Robe rose devient ainsi un document rare sur l’évolution d’une artiste majeure du 19e siècle.
Berthe Morisot, pionnière de l’impressionnisme
Berthe Morisot (1841-1895) fut l’une des rares femmes admises dans le cercle impressionniste. Élève de Corot, elle exposa dès 1864 au Salon officiel avant de rejoindre les impressionnistes en 1874. Son style privilégie l’intimité féminine et la vie bourgeoise, traitées avec une liberté picturale audacieuse.
Une question pour vous
💭 Et vous, que vous inspire cette jeune femme figée dans sa robe lumineuse ?
À propos de cette œuvre
- La Robe rose (Albertie-Marguerite Carré, devenue Madame Ferdinand-Henri Himmes)
- Berthe Morisot
- vers 1870
- Huile sur toile
- 80,6 × 99,7 cm
- The Metropolitan Museum of Art, New York
- https://www.metmuseum.org/art/collection/search/438009





