Réalisme et école de Barbizon

Réalisme et école de Barbizon. Au milieu du XIXe siècle, une génération de peintres français tourne le dos aux sujets nobles, aux compositions héroïques et aux ateliers parisiens. Ils vont peindre dehors, dans les forêts de Fontainebleau, sur les plages normandes, au bord des rivières, et ils peignent ce qu’ils voient, sans l’embellir.
C’est une révolution discrète, mais radicale. Gustave Courbet en pose les bases théoriques : la peinture doit représenter le réel, pas l’idéal. Camille Corot et les peintres de Barbizon traduisent cette conviction en paysages d’une lumière nouvelle, captée sur le motif avant que le soleil ne change. Eugène Boudin installe son chevalet sur les plages du Havre et de Deauville. Jongkind peint la Seine et Notre-Dame comme si la cathédrale était un objet du quotidien.
Ces artistes n’inventent pas encore l’impressionnisme, mais ils en déposent les conditions. Monet reconnaîtra Boudin comme son premier maître. Sans Barbizon, sans Courbet, sans ces ciels normands peints en plein air, la révolution impressionniste n’a pas lieu.
VMuseum rassemble ici leurs œuvres avec une question en fil conducteur : qu’est-ce que « peindre le réel » veut dire, et pourquoi cette ambition a-t-elle changé l’histoire de l’art ?