
À retenir
L’épouse de l’artiste aux fleurs est une huile sur toile peinte vers 1928 par l’Autrichien Viktor Planckh, conservée au Belvedere de Vienne. Membre du Hagenbund viennois de 1927 à 1938, Planckh s’inscrit dans le mouvement de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit), qui privilégie en Autriche un retour à des formes claires et reconnaissables après les expérimentations abstraites du début du XXe siècle. Né à Troppau en 1904 et mort à Athènes en 1941, l’artiste laisse une œuvre encore peu diffusée. Ce portrait, par la sobriété de sa composition et la précision de ses détails, illustre les principes esthétiques propres à ce courant de l’entre-deux-guerres.
C’est une période et un style que j’aime beaucoup. Dans les années 20, les formes sont simplifiées, presque stylisées, et les couleurs restent douces, presque sourdes. Cette œuvre en témoigne particulièrement. C’est un moment de rêverie qui est représenté : la jeune femme est accoudée à la fenêtre, le regard perdu, et derrière elle on devine un paysage et des maisons de village, comme suspendu, hors du temps. Malgré cette simplification du dessin, je trouve qu’il reste des détails précis et soignés, presque tendres : les nœuds de la robe aux épaules, la texture des fleurs posées sur ses genoux, ou encore le grain de la peau, rendu avec beaucoup de délicatesse. C’est ce contraste qui me touche à chaque fois dans ce genre de peinture : une composition très construite, presque géométrique, mais qui n’empêche jamais l’émotion de passer.
Un ruban bleu, noué en un geste simple, retient la bretelle contre l’épaule nue. Vous êtes devant L’épouse de l’artiste aux fleurs. Viktor Planckh peint cette huile sur toile vers 1928. Elle est aujourd’hui conservée au Belvedere de Vienne.
Ce que L’épouse de l’artiste aux fleurs nous dit
Le fond se résume à des aplats larges. Les maisons du village se découpent en blocs simples, presque géométriques, sous un ciel jaune pâle. Ce traitement plat contraste avec le corps de la jeune femme, modelé en volumes doux, presque sculpturaux. Planckh construit la peau par glacis successifs, sans empâtement visible, ce qui donne cette carnation lisse et dorée. Les nœuds bleus de la robe sont peints d’un trait net, presque graphique, comme posés sur la matière. Les fleurs blanches reçoivent une touche plus libre. Quelques rehauts de blanc pur suggèrent des pétales froissés. Cette économie de moyens rend chaque détail plus visible.
Ce que l’époque nous dit
Vienne sort de la Première Guerre mondiale bouleversée. Les artistes autrichiens délaissent alors l’abstraction et l’expressionnisme des années 1910. Ils reviennent à des formes claires et reconnaissables. Ce mouvement porte un nom : la Nouvelle Objectivité, ou Neue Sachlichkeit. Viktor Planckh en adopte les principes. Membre du Hagenbund viennois de 1927 à 1938, il expose ses œuvres aux côtés d’autres artistes du groupe. La clarté du dessin, la sobriété des couleurs : tout appartient à ce vocabulaire pictural.
Viktor Planckh
Né à Troppau, aujourd’hui Opava, en 1904, Viktor Planckh étudie à la Kunstgewerbeschule de Vienne. Il meurt à Athènes en 1941, laissant une œuvre encore peu connue du grand public.
Actualité
Le Belvedere de Vienne consacre une part importante de sa collection permanente à l’entre-deux-guerres, période durant laquelle la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit) s’impose comme l’un des rares repères stylistiques dans un paysage artistique alors très éclaté. Le musée présente cette esthétique, retour à une représentation réaliste et précise après les tendances abstraites des années 1910, à travers des figures comme Rudolf Wacker, considéré comme son principal représentant autrichien, mais aussi Herbert Ploberger, Marie-Louise Motesiczky ou Franz Sedlacek. C’est dans cette même mouvance que s’inscrit Viktor Planckh, membre du Hagenbund viennois de 1927 à 1938, dont L’épouse de l’artiste aux fleurs (vers 1928) témoigne, par la clarté de son dessin et la sobriété de sa composition, de cette esthétique de clarté propre au mouvement.
Source : Belvedere Museum
Une question pour vous
Si vous deviez emporter un seul détail de cette toile avec vous, lequel choisiriez-vous : le regard perdu de la jeune femme, ou les fleurs posées sur ses genoux ?
À propos de cette œuvre
- L’épouse de l’artiste aux fleurs
- Viktor Planckh
- vers 1928
- Huile sur toile
- 60 x 80 cm
- Belvedere Museum, Vienne
- https://sammlung.belvedere.at/objects/2687/die-gattin-des-kunstlers-mit-blumen
