
Londres. Alors que les flammes dévorent le Parlement britannique le 16 octobre 1834, Turner représente l’incendie comme s’il se tenait là, parmi la foule massée sur les rives de la Tamise, croquant ce spectacle dantesque qui marquera l’histoire et l’histoire de l’art.
Un brasier apocalyptique
Des tourbillons de fumée orange et ocre explosent dans le ciel nocturne, avalant presque l’architecture gothique des Chambres des Lords et des Communes. Turner peint avec une liberté stupéfiante : les coups de pinceau larges dissolvent les formes dans des aplats lumineux où jaune, rouge et gris se fondent. L’eau reflète l’incendie en colonnes dorées tremblantes. Au premier plan, des silhouettes sombres observent, impuissantes. La technique frôle l’abstraction : plus de contours nets, seulement des masses colorées qui vibrent et suggèrent la chaleur, la fumée, le chaos.
La catastrophe comme révélation romantique
Turner assiste réellement à cet incendie qui détruisit le siège historique du pouvoir britannique. Mais il ne cherche pas le reportage fidèle. Il amplifie les flammes, dramatise l’atmosphère pour explorer son obsession : la puissance écrasante des éléments naturels face à la fragilité humaine. Ce tableau devient manifeste du romantisme anglais, où la nature — ici le feu — règne en force sublime. L’événement historique sert de prétexte à une méditation sur la destruction et le sublime.
Turner, maître de la lumière
Joseph Mallord William Turner (1775-1851) révolutionne la peinture de paysage britannique. Formé à la Royal Academy, il évolue vers un style de plus en plus libre, annonçant l’impressionnisme. Lumière, couleur et atmosphère deviennent ses vrais sujets.
Une question pour vous
💭 Turner transforme une catastrophe en beauté tragique. Que voyez-vous au-delà des flammes ?
À propos de cette œuvre
- L’incendie des Chambres des Lords et des Communes, 16 octobre 1834
- Joseph Mallord William Turner
- 1835
- Huile sur toile
- 92 × 123,2 cm
- The Cleveland Museum of Art
- https://www.clevelandart.org/art/1942.647






