Kirchner

Ernst Ludwig Kirchner naît le 6 mai 1880 à Aschaffenburg, en Bavière. Peintre, graveur et sculpteur allemand, il fut l’un des principaux animateurs du premier groupe assimilé à l’expressionnisme allemand, Die Brücke, Le Pont, créé en 1905 à Dresde, qui réunit de jeunes peintres faisant le choix d’une rupture violente avec la tradition académique, optant pour des images déformées et des couleurs vives et outrées, pour retrouver une expression brute et originelle. Avec Erich Heckel, Karl Schmidt-Rottluff et Fritz Bleyl, Kirchner en est la figure de proue intellectuelle, nourrie des arts primitifs d’Afrique et d’Océanie, de la gravure sur bois médiévale allemande et du fauvisme français. En 1911, il s’installe à Berlin, où ses célèbres scènes de rue, silhouettes anguleuses, couleurs stridentes, foules anonymes, font de lui le chroniqueur le plus aigu de la modernité urbaine.
La Première Guerre mondiale provoque chez l’artiste une angoisse existentielle profonde qui le conduit à la maladie et à de longs séjours en sanatorium. Réfugié à Davos dès 1917, il se tourne vers les paysages alpins, développant un style plus apaisé et monumental. En 1933, le régime nazi le qualifie d’« artiste dégénéré » et plus de 600 de ses œuvres sont retirées des musées allemands, puis vendues ou détruites. Terrassé, Ernst Ludwig Kirchner se suicide le 15 juin 1938 près de Davos. Parmi ses œuvres majeures figurent Rue à Dresde (1908), Scène de rue à Berlin (1913) et de nombreux autoportraits tourmentés qui comptent parmi les chefs-d’œuvre de l’expressionnisme européen.