
Amsterdam, vers 1675. Jacob van Ruisdael peint la place du Dam qui bruisse d’activité. Des marchands négocient, des dames élégantes conversent, la vie commerciale bat son plein dans le cœur névralgique de la cité marchande.
Une scène urbaine magistralement orchestrée
Regardez la Maison de la Pesée qui domine la composition. Sa structure massive se détache dans un gris-bleu froid. Les armoiries d’Amsterdam resplendissent sur sa façade. Des ballots de marchandises attendent d’être pesés sur la grande balance. À droite, le Damrak s’ouvre : voiliers, entrepôts à pignons, maisons serrées. Le clocher de l’Oude Kerk se dresse vers un ciel chargé de nuages lumineux. Ruisdael travaille avec une précision qui n’exclut pas la liberté. Les proportions sont modifiées, les jeux d’ombre inversés par rapport à ses dessins préparatoires.
Un portrait poétique du Siècle d’Or
Cette vue urbaine n’est pas une simple représentation topographique. Ruisdael élève la scène au rang d’œuvre poétique, de l’esprit. Il capture l’atmosphère d’Amsterdam à son apogée commerciale, quand la ville dominait le commerce mondial. Les personnages, probablement peints par un collaborateur spécialisé, animent magistralement l’espace architectural. Chaque détail évoque la prospérité hollandaise du 17e siècle.
Jacob van Ruisdael
Jacob Isaacksz. van Ruisdael (1628-1682) quitte Haarlem pour Amsterdam en 1657. Il s’installe près du Dam, puis sur la place même en 1670. Maître paysagiste, il aborde tardivement les vues urbaines, leur appliquant la même approche atmosphérique que pour ses paysages naturels célèbres.
Une question pour vous
💭 Comment ce tableau illustre-t-il le passage de Ruisdael du paysage naturaliste à la vue urbaine orchestrée comme une composition dramatique ?
À propos de cette œuvre
- Place du Dam à Amsterdam
- Jacob Isaacksz. van Ruisdael
- vers 1675
- Huile sur toile
- 54,2 × 66,3 cm
- Gemäldegalerie, Staatliche Museen zu Berlin
- https://recherche.smb.museum/detail/868906/der-damplatz-zu-amsterdam






