
Rome, vers 1640. Deux hommes surgissent dans l’embrasure d’un tombeau vide. Leur souffle est court, leurs gestes suspendus. Quelque chose d’impossible vient de se produire.
La lumière comme révélation
Sur ce petit cuivre argenté de Romanelli, deux silhouettes s’affrontent doucement. Pierre, cheveux blancs et vêtement bleu et orange, tient le linceul froissé. Jean, plus jeune, enveloppé de rose et de vert, lève la main. Son geste interroge. Son regard cherche. La peinture sur cuivre offre une luminosité exceptionnelle. Les couleurs vibrent, denses et chaudes. Le fond sombre renforce l’éclat des drapés. Au loin, un paysage ouvert — lumière, ciel, distance.
Un instant scripturaire suspendu
La scène est tirée de l’Évangile de Jean (20, 1-10). Marie-Madeleine a annoncé la nouvelle : le tombeau est vide. Les deux apôtres y courent. Jean arrive le premier, hésite. Pierre entre, regarde les linges. C’est le début de la foi. Dans les années 1640, la Contre-Réforme exige des images claires, émouvantes, théologiquement solides. Romanelli répond parfaitement à cette commande spirituelle et visuelle.
Giovanni Francesco Romanelli
Né à Viterbe, Romanelli (1610-1662) se forme auprès de Pietro da Cortona à Rome. Il peint pour les Barberini, travaille en France pour Mazarin. Son style baroque mêle clarté classique et sensibilité émotionnelle. Apprécié autant à Rome qu’à Paris, il compte parmi les rares artistes italiens du XVIIe siècle à avoir rayonné au-delà des Alpes. Cette huile sur cuivre concentre toute sa maîtrise du récit sacré.
Une question pour vous
💭 Sur un support aussi petit, Romanelli parvient à rendre chaque drapé presque palpable. Quel détail technique vous frappe le plus dans cette huile sur cuivre ?
À propos de cette œuvre
- Saint Jean et Saint Pierre au tombeau du Christ
- Giovanni Francesco Romanelli
- vers 1640
- Huile sur cuivre argenté
- 46,67 × 38,42 cm
- Los Angeles County Museum of Art (LACMA)
- https://collections.lacma.org/node/246533






