
Paris, 1925. La Marne scintille sous le soleil d’été. Dufy plante son chevalet face aux guinguettes où la France populaire vient respirer. Les canotiers glissent sur l’eau, les baigneurs s’égaient, la vie éclate en touches rapides et lumineuses.
Une symphonie de verts
L’œuvre déborde de fraîcheur. Dufy applique la couleur par larges aplats vibrants. Les maisons se dressent à gauche, l’une brune, l’autre turquoise avec ses ornements décoratifs. Les arbres s’élancent en arabesques souples. Au premier plan, les silhouettes esquissées à l’encre noire se détachent, l’une rame dans son canot jaune vif. La technique est spontanée, presque calligraphique. Dufy trace les contours d’un trait indépendant, puis pose la couleur en aplats qui débordent volontairement. Cette dissociation entre dessin et chromatisme crée une sensation de mouvement perpétuel.
Les loisirs au bord de l’eau, un motif moderne
Les bords de Marne incarnent les loisire avant l’heure. Déjà dans les années 1920, des Parisiens fuient la capitale pour ces guinguettes champêtres. On y danse, on y canote, on y célèbre la modernité des loisirs. Dufy capte cette effervescence avec tendresse. Il s’inscrit dans la lignée des impressionnistes qui célébraient déjà Argenteuil et Bougival, mais son vocabulaire pictural est résolument fauviste : couleurs pures, compositions décoratives, joie visuelle immédiate.
Raoul Dufy, peintre du bonheur
Né au Havre, Raoul Dufy (1877-1953) traverse le fauvisme aux côtés de Matisse. Il développe une écriture singulière, légère et musicale, appliquée aux courses hippiques, aux régates, aux scènes de rue. Son œuvre entière célèbre l’élégance et l’insouciance française.
Une question pour vous
💭 Vingt ans après le fauvisme de Matisse et Derain, comment Dufy prolonge-t-il leur révolution chromatique ?
À propos de cette œuvre
- Bords de Marne, les canotiers
- Raoul Dufy
- 1925
- Huile sur toile
- Musée d’Art moderne de Paris, Paris Musées
- https://www.parismuseescollections.paris.fr/en/node/205908






