
Paris, 1800. Dans l’intimité de son atelier, Martin Drölling pose son regard de père sur son fils Michel-Martin. Le jeune homme tient un violon, entouré de partitions et de sculptures. Cette scène familière devient un manifeste : l’art ne se divise pas, il unit.
Un dialogue entre les arts
Le jeune homme s’accoude à une fenêtre en trompe-l’œil. Derrière lui, une jeune femme peint dans la pénombre. Au premier plan, un bas-relief sculpté représente des putti joufflus. Drölling orchestre cette composition avec une précision néoclassique. La lumière caresse le visage du musicien, glisse sur le bois verni du violon, éclaire les pages de la partition. Les couleurs chaudes dominent. La touche est lisse, les détails minutieux. On distingue les cordes de l’instrument, les motifs du tissu oriental, jusqu’à la cage à oiseau suspendue.
L’idéal d’un siècle des Lumières prolongé
Cette huile sur toile incarne la vision d’une époque qui voit dans l’éducation artistique complète l’accomplissement humain. En 1800, Drölling défend un humanisme où musique, peinture et sculpture forment un tout indissociable. Ce portrait de son propre fils devient une déclaration : les arts libéraux élèvent l’âme.
Martin Drölling, peintre de l’intime
D’origine allemande, installé à Paris, Drölling excelle dans les scènes de genre et les portraits. Il perpétue avec ses fils une tradition d’atelier familial. Son style précis, son goût pour les détails domestiques et sa palette chaleureuse font de lui un témoin sensible de la vie quotidienne parisienne au tournant du siècle.
Une question pour vous
💭 En plaçant peinture, musique et sculpture dans un même cadre, Drölling (1752-1817) illustre l’idéal du paragone cher à la Renaissance : selon vous, quel art s’exprime le plus puissamment dans ce tableau ?
À propos de cette œuvre
- Peinture et musique (Portrait du fils de l’artiste)
- Martin Drölling
- 1800
- Huile sur toile
- 45,72 × 37,47 cm
- Los Angeles County Museum of Art (LACMA)
- https://collections.lacma.org/node/246381





