
Paris, début des années 1820. Géricault observe une cavalière maîtriser sa monture avec une élégance souveraine. Il saisit ses pinceaux pour immortaliser cette alliance parfaite entre force et grâce.
Regardez cette femme en habit noir, montée en amazone sur un cheval pie aux muscles tendus. Elle se tient droite, le regard fixé vers l’horizon, indifférente au ciel tourmenté qui s’accumule derrière elle. Le cheval avance au pas. Géricault compose cette scène comme une frise antique : cavalière et monture se découpent de profil dans un équilibre parfait. Les coups de pinceau sont vifs sur la robe du cheval, alternant noir profond et blanc lumineux. Le vert du paysage contraste avec les tons ocre du sol et le bleu-gris dramatique des nuages.
L’Amazone, figure de puissance féminine
Cette œuvre réinvente un motif classique français : l’Amazone. Ce terme évoque ces guerrières légendaires de l’Antiquité, réputées pour leur courage au combat. Géricault transpose cette mythologie dans l’Angleterre du 19e siècle, où il séjourne en 1820-1821. Il découvre là-bas une culture équestre raffinée qui le fascine. L’identité précise de cette cavalière demeure mystérieuse, mais sa prestance en fait l’incarnation d’une féminité maîtresse de sa destinée, loin des canons de l’époque.
Géricault, un peintre passionné de chevaux
Théodore Géricault (1791-1824) voue une passion dévorante aux chevaux qu’il étudie anatomiquement tout au long de sa brève carrière. Peintre romantique français, il bouleverse l’art de son temps par sa touche énergique et son sens du drame. Cette cavalière synthétise son obsession équestre et son génie de la composition.
Une question pour vous
💭 En quoi cette cavalière rompt-elle avec les conventions de représentation féminine dans la peinture académique française du début du 19e siècle ?
À propos de cette œuvre
- Cavalière
- Théodore Géricault
- 1820 ou plus tard
- Huile sur toile
- 44,5 × 34,9 cm
- The Metropolitan Museum of Art, New York
- https://www.metmuseum.org/art/collection/search/438113






