
Séville, 1910. Sorolla pose son chevalet dans les jardins de l’Alcázar. Autour de lui, la lumière andalouse frappe les feuillages avec une intensité presque brutale. Il peint vite, en plein air, saisi par la géométrie du lieu.
La lumière comme architecture
Regardez cet arbre monumental qui fend le ciel bleu cobalt. À sa gauche, un palmier déploie ses palmes rousses. En bas, des marches découpent l’espace en plans nets. Sorolla travaille à la touche large et vigoureuse, posant des empâtements denses sur la toile. Les verts varient du sombre au lumineux, presque acides sous le soleil. Les ombres portées sur le chemin sont froides, bleutées. Pas de figure humaine. Juste la chaleur sèche d’un matin andalou.
Un retour à Séville
En 1910, Sorolla revient en Andalousie. Il complète une première série entamée en 1908 autour des paysages urbains et des jardins sévillans. Cette seconde série marque une évolution : moins de spontanéité, plus de construction formelle. La composition s’appuie sur la géométrie plutôt que sur le scintillement de l’eau ou le mouvement des corps. L’impressionnisme luministe de Sorolla atteint ici une forme de sérénité architecturale. En 1933, J. Paul Getty acquiert dix de ces toiles aux enchères, fasciné par ce traitement unique de la lumière solaire méditerranéenne.
Sorolla
Joaquín Sorolla y Bastida (Valence 1863 – Cercedilla 1923) est le maître incontesté de la lumière espagnole. Formé à Rome et Paris, il développe un style luministe personnel, entre impressionnisme et réalisme solaire. Ses jardins andalous comptent parmi ses œuvres les plus abouties.
Une question pour vous
💭 Entre fantaisie impressionniste et rigueur géométrique, cette toile marque un tournant dans l’œuvre de Sorolla. Faut-il vieillir pour apprendre à simplifier ?
À propos de cette œuvre
- Coin du jardin, Alcazar, Séville
- Joaquín Sorolla y Bastida
- vers 1910
- Huile sur toile
- 95,3 × 63,5 cm
- The J. Paul Getty Museum, Los Angeles (79.PA.155)
- https://www.getty.edu/art/collection/object/103RET






