
Anvers, vers 1620. Rubens s’empare d’un mythe antique pour en faire un hymne à l’amour naissant. Il orchestre la rencontre entre un héros et une princesse au bord de l’abîme.
Le souffle baroque de la libération
Observez la scène de gauche à droite. Dans les vagues sombres, la dépouille du monstre marin flotte encore. Pégase, puissant cheval ailé à la robe nacrée, occupe le centre. Le regard glisse vers Persée. Cuirassé d’acier sombre, drapé d’un manteau rouge éclatant, il saisit les liens qui tiennent Andromède. La princesse baignée d’une lumière dorée, incline la tête. Son corps délicatement modelé s’inspire de la Vénus Félix des collections du Vatican. La touche de Rubens est libre, vibrante. Les carnations palpitent. Le rouge profond du manteau vibre. Tout est mouvement.
Ovide relu par un génie flamand
Dans ses Métamorphoses, le poète Ovide séparait la rencontre et le combat. Rubens fusionne les deux moments. Andromède, fille du roi éthiopien Céphée, avait été enchaînée pour expier l’orgueil de sa mère Cassiopée, qui avait défié les Néréides. Ici, la narration mythologique devient prétexte à une composition magistrale. La scène se déploie sur un plateau rocheux. Chaque figure participe à un rythme ascendant. La puissance virile du héros répond à l’abandon confiant de la jeune femme. L’instant choisi est celui où la victoire cède la place au sentiment amoureux.
Pierre Paul Rubens
Rubens (1577-1640), né à Siegen, formé en Italie, est le maître incontesté de la peinture baroque flamande. Diplomate et humaniste, il nourrit son art de citations antiques savantes. Ce panneau en est un exemple éclatant.
Une question pour vous
💭 Et vous, quel détail capte votre regard en premier : la force du héros ou la grâce silencieuse d’Andromède ?
À propos de cette œuvre
- Persée libérant Andromède
- Pierre Paul Rubens
- 1620-1622
- Huile sur bois de chêne
- 99,7 × 139,6 cm
- Gemäldegalerie, Staatliche Museen zu Berlin
- https://recherche.smb.museum/detail/871562/perseus-befreit-andromeda





