
Paris, 1890. Place de la Concorde, un coup de vent balaie le pavé mouillé. Une Parisienne élégante traverse la scène, serrant fermement son chapeau d’une main gantée, l’autre agrippant sa boîte à chapeau violette. Derrière elle, un homme court après son couvre-chef envolé. Jean Béraud saisit l’instant avec une précision photographique.
La chronique vivante du Paris moderne
Le peintre dispose ses personnages comme les acteurs d’une comédie urbaine. La femme au premier plan porte un ensemble crème et bleu marine, sa jupe fouettée par le vent. Les reflets argentés dansent sur la chaussée trempée. À l’arrière-plan, le Palais-Bourbon et les façades brumeuses émergent dans une atmosphère gris perle. Béraud travaille avec une touche fluide, captant la lumière diffuse d’un jour de pluie parisien. Ses coups de pinceau restituent la texture du sol mouillé, la transparence de l’air saturé d’humidité.
Un peintre reporter des boulevards
Pour réaliser ces scènes de vie urbaine, Jean Béraud a conçu un atelier ambulant tiré par des chevaux. Cette ingénieuse installation lui permet de peindre sur le motif, protégé des intempéries, observant le ballet quotidien des Parisiens. L’artiste documente ainsi la Belle Époque avec l’œil d’un chroniqueur : nouvelles modes vestimentaires, transformations haussmanniennes, émergence d’une classe moyenne urbaine. Ses tableaux constituent un témoignage de la modernité parisienne.
Jean Béraud
Formé à l’École des Beaux-Arts, Béraud (1849-1935) s’éloigne de la peinture d’histoire pour devenir le portraitiste du Paris contemporain. Sa technique académique sert une vision résolument moderne de la capitale.
Une question pour vous
💭 Que raconte cette course au chapeau sur notre rapport au quotidien, aux petits drames qui ponctuent nos journées ?
À propos de cette œuvre
- Journée venteuse, place de la Concorde
- Jean Béraud
- vers 1890
- Huile sur panneau
- 56 × 37,6 cm
- Clark Art Institute, Williamstown
- https://www.clarkart.edu/ArtPiece/Detail/Windy-Day,-Place-de-la-Concorde





