
Bruxelles, 1686. Sur un chemin de terre, des voyageurs avancent sans se douter qu’ils entrent dans l’une des plus grandes forêts de Belgique. Jacques d’Arthois immortalise la scène.
La lumière capturée sous les frondaisons
À gauche, un ciel nuageux laisse filtrer une lumière froide sur la plaine lointaine. À droite, la forêt absorbe tout. D’Arthois travaille à la touche large et vigoureuse : les feuillages sont denses, presque oppressants. Les écorces rugueuses émergent de l’ombre. Au centre, un arbre mort s’effondre en diagonale. Il brise la verticalité des grands arbres. Ce cadavre végétal capte immédiatement le regard. Les personnages, minuscules face à ces masses végétales, sont vivants, animés, mais écrasés par la nature.
L’école des paysagistes de Soignes
La forêt de Soignes n’est pas un simple décor. Au 17e siècle flamand, ce massif forestier aux portes de Bruxelles fascine les peintres. D’Arthois fonde avec Lodewijk de Vadder l’école des paysagistes de Soignes, un mouvement spécialisé dans ces sous-bois verdoyants, ces ravins sablonneux et ces étangs silencieux. Peindre la forêt, c’est aussi affirmer une identité régionale forte. Les figures humaines sont probablement exécutées par David Teniers le Jeune.
Jacques d’Arthois
Jacques d’Arthois (1613-1686) naît et meurt à Bruxelles. Peintre de cour des archiducs, il se consacre aux paysages forestiers avec une maestria incomparable. Sa touche large, sa palette terreuse et ses compositions monumentales définissent l’identité visuelle de la peinture flamande du paysage tardif.
Une question pour vous
💭 Alors que Jacob van Ruisdael peint simultanément ses forêts tourmentées en Hollande, d’Arthois impose à Bruxelles une vision radicalement différente. Deux pays, deux manières d’habiter la forêt en peinture. Laquelle vous touche davantage ?
À propos de cette œuvre
- La Forêt de Soignes aux personnages
- Jacques d’Arthois
- 1686
- Huile sur toile
- 134 x 239 cm
- Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK Gent)
- https://www.mskgent.be/fr/collection/1882-e






