Frans Pourbus le Jeune : Portrait de Louis XIII, roi de France

Portrait du roi Louis XIII de France, en 1611, par Frans Pourbus le Jeune
Portrait du roi Louis XIII de France, en 1611, par Frans Pourbus le Jeune

Ce Portrait du roi de France Louis XIII (1611) de Frans Pourbus le Jeune témoigne de l’art du portrait officiel au début du 17e siècle.

Cette œuvre présente le jeune souverain âgé de dix ans, comme l’indique l’inscription latine visible dans la composition. Le peintre déploie une virtuosité remarquable dans le rendu des matières précieuses : soies chatoyantes du pourpoint rose rehaussé d’or, dentelle délicate de la fraise, velours richement paré du chapeau et bas de soie. La couleur rose, loin d’être genrée à l’époque, souligne le rang princier du modèle. Le décor somptueux – tentures vertes brodées au chiffre royal, colonnes de marbre, dallage géométrique – affirme la majesté royale malgré le jeune âge. Cette commande de Marie de Médicis s’inscrit dans une stratégie matrimoniale européenne, le portrait servant d’instrument diplomatique pour négocier les futures alliances avec l’Espagne et l’Autriche qui façonneront l’équilibre continental.

Pour aller plus loin

  • Portrait du roi Louis XIII de France, en 1611, par Frans Pourbus le Jeune
  • 159.3 x 95.3 cm (62 11/16 x 37 1/2 in.), huile sur toile
  • Cleveland Museum of Art, exposé en 212, peintures et sculptures baroques
  • https://www.clevelandart.org/art/2003.225

Frans Pourbus le Jeune (1569-1622) incarne l’excellence du portrait de cour européen. Issu d’une dynastie de peintres flamands, petit-fils de Pieter Pourbus et fils de Frans Pourbus l’Ancien, il perpétue la tradition du réalisme minutieux nordique. Formé à Anvers, il devient peintre de l’archiduc Albert et de l’infante Isabelle-Claire-Eugénie à Bruxelles avant d’être appelé à la cour de Mantoue par Vincent de Gonzague. En 1609, Marie de Médicis le fait venir en France où il devient portraitiste officiel de la famille royale. Sa technique précise, son sens du détail et sa capacité à allier fidélité physionomique et représentation du pouvoir font de lui l’un des maîtres du portrait d’apparat de son époque.