
Cette œuvre captivante illustre le génie de Rembrandt dans l’art du portrait orientalisant, genre prisé au 17e siècle néerlandais.
Peint en 1632, peu après son installation à Amsterdam, ce tableau révèle une virtuosité technique remarquable : la brillance du coup de pinceau et la profondeur surpassent les portraits officiels contemporains du maître. Le personnage, vraisemblablement un modèle néerlandais récurrent dans l’entourage de l’artiste, est paré d’un somptueux turban orné d’un plumet et d’un manteau doré aux reflets chatoyants. Cette mise en scène exotique répond à la mode des « princes persans ou ottomans imaginaires », alimentée par l’essor commercial entre les Provinces-Unies et l’Orient. Le clair-obscur dramatique, signature de Rembrandt, sculpte le visage buriné du modèle, créant une intimité psychologique saisissante. Cette œuvre témoigne de l’ambition du jeune artiste de séduire les collectionneurs avertis d’Amsterdam par sa maîtrise technique et son sens théâtral.
Pour aller plus loin
- Homme au turban, par Rembrandt van Rijn, en 1632
- 152.6 × 124.3 cm (60 1/16 × 48 15/16 in.)
- The Metropolitan Museum of Art, Fifth Avenue, New York, exposé galerie 616
- https://www.metmuseum.org/art/collection/search/437385
Peintre, graveur et dessinateur néerlandais, Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669) demeure l’une des figures les plus emblématiques de l’âge d’or hollandais. Né à Leyde, il s’installe définitivement à Amsterdam en 1631, où il connaît rapidement le succès grâce à ses portraits psychologiques d’une intensité inégalée. Maître incontesté du clair-obscur, il développe une technique picturale révolutionnaire, jouant des empâtements et des glacis pour créer des effets de matière et de lumière. Son œuvre prolifique explore tous les genres : portraits, scènes de genre, paysages et compositions religieuses ou mythologiques. Malgré des difficultés financières dans ses dernières années, Rembrandt n’a cessé d’innover, influençant durablement l’art occidental jusqu’à nos jours.