
Nous avons choisi, aujourd’hui, de faire un focus sur l’oeuvre d’Henri Martin, ce peintre postimpressionniste connu surtout pour son travail de facture divisionniste.
On retrouve dans cette « Jeune femme » la plénitude de sa peinture et la vision poétique du monde qui l’entoure. Notez le ton particulier de la couleur et l’aspect méditatif de cette jeune femme dont le visage est dans l’ombre, alors que le paysage qui l’entoure est baigné de lumière.
Voir
Une silhouette de femme se découpe en profil. Son chignon brun épouse les ombrages d’un châtaignier. La robe rose vibre sous des touches divisées. Autour d’elle, le paysage scintille de feuillages verts, de terres ocrées, d’un ciel pâle entrevu. Le visage demeure dans l’ombre. Au loin, une vallée bleutée s’étire. Tout palpite, rien ne se fige.
Comprendre
Henri Martin peint cette toile avant 1904, à l’apogée de son langage pictural. Né à Toulouse en 1860, formé chez Jean-Paul Laurens, il découvre Seurat et Signac dans les années 1890. Il en retient la touche fragmentée, mais refuse leur rigueur scientifique. Sa technique pointilliste demeure libre, lyrique, presque vibrée. L’œuvre est destinée à la galerie Georges Petit, haut lieu du marché parisien. Le profil de médaillon antique évoque la Renaissance italienne. Une toile jumelle, conservée à Reims, montre la même modèle assise. Henri Martin compose ici un éloge silencieux de la jeunesse, entre symbolisme tardif et postimpressionnisme méridional.
Ressentir
Approchez-vous. Laissez les touches se dissoudre, puis se recomposer sous votre regard. Le visage caché vous oblige à ralentir. Cette femme rêve, peut-être, ou écoute le frémissement des feuilles. La lumière l’enveloppe sans la révéler. Vous voilà invité à la même contemplation, à ce silence végétal où le temps semble suspendu. Henri Martin offre un instant de pure méditation.
Actualité : Henri Martin à l’honneur
Henri Martin entre encore dans les collections publiques. En septembre 2025, le Musée des Augustins de Toulouse acquiert deux peintures de jeunesse, dont La Course à l’abîme (1882). En décembre 2025, le Musée départemental de l’Oise reçoit un Autoportrait en Virgile. (Source : La Tribune de l’Art, 30/12/2025).
Le Musée Henri Martin de Cahors, rénové en 2022, demeure la référence sur cet artiste.
Une question pour vous
💭 Le profil féminin sous les frondaisons traverse l’histoire de la peinture, de Piero della Francesca à Puvis de Chavannes : qu’apporte Henri Martin à cette longue tradition du portrait en médaillon ?
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À propos de cette œuvre
- Jeune femme
- Henri Martin
- avant 1904
- Huile sur toile
- 66,1 x 52,3 cm
- Musée des Beaux-Arts, Reims (inv. 907.19.164)
- Photo : Christian Devleeschauwer
- https://musees-reims.fr/oeuvre/jeune-femme-329200791636518837





