David Teniers le Jeune : Paysage avec paysans dansant

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Un commentaire

  1. Je serais plutôt du côté du spectateur urbain.
    Mais notez que David Teniers le Jeune (1610-1690) est au cœur d’une anecdote qui illustre le statut ambigu des peintres de genre au XVIIe siècle.
    Lorsque l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg le nomme peintre de cour et conservateur de ses collections à Bruxelles dans les années 1650, Teniers se trouve dans une position unique. Le prince lui confie une mission remarquable : peindre des « galeries de tableaux » miniaturisant l’ensemble de la collection princière. Ces œuvres, comme sa célèbre Galerie de l’archiduc Léopold-Guillaume, servent de catalogues visuels avant l’invention de la photographie.
    L’anecdote révélatrice : Teniers souhaite être admis dans la guilde bruxelloise des peintres d’histoire, considérée comme l’élite artistique. Malgré sa position prestigieuse de peintre de cour et sa fortune considérable, il n’y sera admis qu’en 1675, soit 24 ans après son installation dans cette ville en 1651, peut-être parce qu’il peint des scènes paysannes, des tavernes et des kermesses – des sujets jugés « bas » par la hiérarchie académique des genres.
    Ce paradoxe illustre parfaitement les tensions de l’époque : un artiste peut être riche, célèbre, collectionné par les plus grands, et pourtant considéré comme inférieur par ses pairs à cause de ses sujets.

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