
Paris, 1879. Dans la véranda d’un restaurant, le repas s’achève. L’atmosphère est suspendue. Renoir saisit ce moment fugace : l’actrice Ellen Andrée, perdue dans ses pensées, savoure encore son digestif.
La lumière comme matière vivante
Regardez la robe d’Ellen Andrée : un camaïeu de vert pâle et de blanc, presque immatériel. La touche impressionniste de Renoir vibre sur la toile. Les coups de pinceau courts dissolvent les contours. La nappe blanche réfléchit une lumière douce et diffuse. Les tasses de porcelaine fleurie brillent discrètement. À droite, le frère de Renoir allume une cigarette. Derrière, une troisième figure observe la scène avec satisfaction. Observez ce silence installé entre les convives — il est presque audible.
Un instantané impressionniste
En 1879, l’Impressionnisme bouscule les codes académiques. Renoir peint la vie moderne : ses cafés, ses guinguettes, ses instants ordinaires élevés au rang d’art. « Après le déjeuner » capte une impression éphémère, celle du temps suspendu entre deux conversations. Cette liberté de sujet est alors révolutionnaire. La bourgeoisie parisienne se reconnaît dans ces scènes. Renoir expose cette toile au Salon de 1879, cherchant reconnaissance officielle tout en assumant sa modernité.
Auguste Renoir
Auguste Renoir (1841–1919) commence comme peintre sur porcelaine avant d’intégrer l’atelier Gleyre. Cofondateur de l’Impressionnisme, il s’impose par sa palette lumineuse et sa tendresse pour les êtres. Cette œuvre concentre son génie : capturer la grâce du quotidien.
Une question pour vous
💭 Ce tableau entre au Salon de 1879 alors que l’aventure impressionniste bat son plein. Renoir joue double jeu : modernité de la touche, conformisme du sujet bourgeois. Cette tension entre subversion et séduction est-elle le secret de sa popularité intemporelle ?
À propos de cette œuvre
- Après le déjeuner
- Auguste Renoir
- 1879
- Huile sur toile
- 100,5 × 81,3 cm
- Städel Museum, Francfort-sur-le-Main
- https://sammlung.staedelmuseum.de/en/work/after-the-luncheon






